28.06.2009

AUDE GUERRUCCI, PHOTOGRAPHE A LA MAISON BLANCHE

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Aude Guerrucci est diplômée des Ponts-et-Chaussées, mais n’a « jamais eu l’intention de devenir ingénieur ». Elle a d’abord travaillé dans le cinéma à New York, puis a profité de la mutation de son mari à Washington DC pour se consacrer pleinement à la photo, « une passion de toujours ». Aujourd’hui, cette jeune maman travaille pour Polaris, une agence basée à New York. Elle est la seule française à faire partie de la poule de photographes accrédités à la Maison Blanche (« in town pool » en VO). Un poste très officiel qu’elle a décroché après avoir suivi Barack Obama en campagne. Pour nous, elle revient sur un an et demi de campagne et son quotidien à la Maison Blanche.


Qu’est-ce qui te plaît à Washington DC?
C’est une ville très agréable, très verte et facile à vivre pour une famille.


Qu’est-ce qui te dérange?
Il  manque d’endroits pour sortir, de bons restaurants. Il y a une vie culturelle intéressante, mais ce n’est pas comparable à New York, Barcelone ou Paris, où mon mari et moi avons successivement vécus.


A quel moment as-tu commencé à suivre Barack Obama ?
Dès le début de l’année 2007, juste après qu’il se soit déclaré candidat.  A l’époque, c’était vraiment un outsider. Tout le monde pensait qu’Hillary l’emporterait.


Quel est ton meilleur souvenir de campagne ?
Le 3 novembre 2007, à Manassas (Virginie), j’ai assisté au dernier meeting d’Obama. Le lendemain, l’Amérique votait. On était tous crevés, et on sentait poindre une certaine nostalgie. Obama venait de perdre sa grand-mère. La presse était totalement sous le charme.


Ta meilleure photo ?
J’ai gagné un prix avec une photo de Michelle et Barack Obama au bal d’Inauguration. Ils dansent joue-contre-joue, et en arrière-plan, on voit un agent des services secrets lancer un regard suspicieux au reste de l’assistance. L’image parle d’elle-même…


Obama est-il un bon client pour les photographes ?
Oui, tout à fait, c’est quelqu’un qu’on a beaucoup de plaisir à photographier. Il bouge bien, il s’habille bien, il est élégant. Il est beaucoup plus facile à photographier qu’Hillary, par exemple. Elle n’a jamais été très à l’aise avec la presse.


Comment décrirais-tu l’ambiance au sein de la poule de photographes de la Maison Blanche ?
Très sympa. Les photographes entre eux sont respectueux, il n’y a pas d’énormes bousculades et je m’entends bien avec mes confrères.


Comment fonctionne la poule ?
AP, l’AFP et Reuters font partie de la poule en permanence. Par ailleurs 9 agences, dont la mienne, se relaient au quotidien pour assurer une couverture 7 jours/7, 24 heures/24 de la Maison Blanche. Les photos sont partagées. Autrement dit, quand c’est mon tour de poule, je dois envoyer aux neuf autres agences mes photos du jour.


Tu te vois faire quoi dans dix ans ?
De la photo, et du documentaire. J’ai une chance inouïe de couvrir la Maison Blanche car je suis consciente que nous vivons des moments historiques, mais finalement, nous avons un accès relativement limité. La plupart du temps, notre travail revient photographier le Président derrière un podium… On attend pendant des heures… Pour prendre tous plus ou moins le même cliché. A l’avenir, j’espère pouvoir repartir à l’étranger sur des sujets un peu moins officiels.

 

Propos recueillis par Claire Derville

 

BONUS VIDEO! Pour une vue imprenable de la Maison Blanche depuis la terrasse de l'hotel Hay-Adams, cliquez-ici :