09.06.2009

COREE DU NORD : 12 ANS DE TRAVAUX FORCES POUR LES JOURNALISTES AMERICAINES INCARCEREEES

 

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Trop, c’est trop. Alors que la Corée du nord vient de condamner deux journalistes américaines à 12 ans de travaux forcés pour avoir « illégalement » franchi ses frontières, et menace de lancer de nouveaux missiles balistiques dans les semaines à venir, Washington monte au créneau. Dimanche, Hillary Clinton a déclaré que les Etats-Unis envisageaient de réinscrire le régime de Kim Jon-il sur la liste des états terroristes. Dans un communiqué de la Maison Blanche, le Président Obama, pour sa part s’est déclaré « très préoccupé » par le sort d’Euna Lee et Laura Ling, ajoutant que les États-Unis avaient activé « tous les leviers pour s’assurer de leur libération ». Les deux trentenaires étaient en reportage pour Current TV, la chaine fondée par Al-Gore, lorsqu’elles ont été arrêtées par les autorités nord-coréennes à la frontière chinoise. Incarcérées pendant trois mois, puis hâtivement jugées sur la base d’accusations « sans fondements » selon Hillary Clinton, elles devraient bientôt être déportées dans un camp de travail où selon divers associations internationales, les conditions d’incarcération seraient comparables aux méthodes nazies de la deuxième guerre mondiale. Famine, torture… Les prisonniers qui y rentrent sont nombreux, les rares qui en sortent sont brisés. Le département d’état a sommé la Corée du Nord de procéder à la libération immédiate des deux américaines, tout en précisant que ce problème était un problème « humanitaire », totalement séparé de celui que posent les essais nucléaires en Corée du Nord. Mais rien n’est moins sur que Pyongyang, de son coté, fasse la distinction. Selon certains analystes, le dictateur Kim Jon-il, malade et affaibli, serait prêt à tout pour redorer son blason auprès de ses sujets et s’assurer que son fils, Kim Jon-un, pourra lui succéder. Quitte à lancer des missiles au dessus du Japon, ou utiliser  deux journalistes comme monnaie d'échange.



Claire Derville